Une photographie montre parfois bien davantage que ce que l’on croit voir. Derrière les couleurs bleu et jaune, une broderie traditionnelle, un coquelicot ou un simple bob rose se dévoile tout un univers de références historiques, culturelles et patriotiques. Réalisées lors d’un rassemblement de soutien à l’Ukraine à Nantes, ces images offrent l’occasion d’explorer le vocabulaire visuel d’une nation confrontée à la guerre mais profondément attachée à son identité.
Archives de l’auteur : Bernard Grua
Maïdan, la jeune fille au foulard rouge
Le 16 février 2014, la tension était palpable dans Kyiv. Le romantisme avait quitté Maidan. Pravy-Sektor était réticent à quitter l’Hôtel de Ville occupé depuis le début des événements. Au milieu des activistes, dont on ne pouvait plus dire s’il s’agissait seulement d’auto-défense, des yeux annonçaient les sacrifices à venir.
Maïdan, petite brisure d’écorce calcinée et meurtrie, ne rompt pas
A Kyiv, capitale ukrainienne, la journée du 18 février 2014, marque un tournant dramatique, aussi bien par la cruauté de la répression menée dans le Parc Mariinsky que par l’assaut donné au camp du Maidan. Au cours de la nuit suivante, la Révolution de la Dignité, ne tenait plus, au milieu des flammes, qu’un bout de la place de l’indépendance.
Maïdan, de la révolution romantique à la révolution du sacrifice
Maidan, la Révolution de la Dignité ukrainienne: souvenirs d’un Nantais. Comment un embrasement romantique, libéral et national a soulevé Kiev avant de basculer en une révolution du sacrifice, dans l’incompréhension occidentale?
Les Wakhis, un petit peuple écartelé et cloisonné aux confins de la haute Asie Centrale
Les Wakhis de langue et d’ethnie persanes sont une minorité montagnarde de moins de 100.000 individus écartelée entre quatre pays : le Tadjikistan, la Chine, l’Afghanistan et le Pakistan. Alors que, depuis des temps immémoriaux, ils occupaient un haut lieu de passage et d’échange au carrefour de ce qu’il est convenu d’appeler la « Route de la Soie », leur univers s’est trouvé fragmenté, clôturé et marginalisé.
Kerkennah: les chantiers traditionnels du vieux port d’El Attaya
A l’extrémité Sud-Est de l’archipel des Kerkennah, sur le vieux port d’El Attaya, au bout de l’île Chergui, naissent floukas, loudsos et babours. Ainsi, est encore perpétué un savoir-faire partie intégrante du patrimoine vivant d’un haut lieu de la voile de travail en train de disparaître. Sur moins d’un kilomètre de long, il est possible de découvrir un des trésors de la charpenterie de marine traditionnelle en une succession de trois chantiers: celui de Zouhir Chelly, celui de Mouldi Arous et, enfin, celui de Fathi Arous. Nombre d’éco-musées rêveraient de présenter, en tant que reconstitution, un aussi remarquable témoignage.
Mais ici, point de mise en scène. L’activité est authentique. Les sonorités, les couleurs, les senteurs boisées et les formes ravissent les sens alors que l’arrière-plan est illuminé par le miroitement d’un plan d’eau étincellant animé par le mouvement des embarcations. Affairées, elles partent vers le large ou rejoignent la grève ainsi que la scala, qui pointe vers l’île solitaire de Gremli et dont les palmiers épars se découpent sur l’horizon.
Noir et Blanc
Les photographies en noir et blanc de Bernard Grua rassemblent portraits, paysages et scènes urbaines réalisés au cours de ses voyages. Le noir et blanc met en valeur la lumière, les formes, les expressions et les regards.
Comment la Sibérie fut-elle une initiation au portrait?
Dans un précédent article, j’ai présenté comment l’immensité sibérienne m’a transformé de l’état de voyageur photographe en celui de photographe voyageur. Ici, je vais expliquer pourquoi cette contrée m’a conduit à devenir un photographe portraitiste. Voilà, une conséquence inattendue de cet endroit du monde si austère mais si accueillant, une des dernières vraies et attachantes terres d’aventure.
Ce texte est le troisième récit de mon parcours photographique, réalisé par des chemins de traverse.
Quand et comment l’heure bleue m’a-t-elle possédé?
On me demande, parfois, pourquoi et comment je serais devenu un photographe de « l’heure bleue ». En réalité, j’y ai été poussé par les circonstances et les opportunités. Il s’agit d’ une aventure et d’une recherche solitaires que j’ai menées sans même avoir réellement conscience d’entrer dans une discipline particulière. Ce récit est la deuxième partie relative aux chemins de traverse de mon parcours photographique.
Voyages, comment l’appareil photo a-t-il pris le pouvoir ?
Voici une histoire à la fois ordinaire et inhabituelle. Je vais vous raconter comment l’appareil photo, qui n’était envisagé que comme un accessoire de voyage, est devenu le décideur de voyages ultérieurs. La raison en est la découverte de la prodigieuse immensité sibérienne. Il s’agit de la première partie d’un récit concernant les chemins de traverse de mon parcours photographique.
